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Le bonheur au travail, un boulot qui paie !

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S'appuyer vraiment sur la créativité individuelle de chaque talent de son entreprise et faire confiance au potentiel humain de chacun, c’est le principe du management adopté par Jean-Claude Pénicaud, adhérent E.Leclerc La Belle Vie à Luçon (Vendée).

S’appuyer vraiment sur la créativité individuelle de chaque talent de son entreprise et faire confiance au potentiel humain de chacun, c’est le principe du management adopté par Jean-Claude Pénicaud, adhérent E.Leclerc La Belle Vie à Luçon (Vendée).

Parce qu’il a “la conviction viscérale que notre performance et notre compétitivité de demain passe par la libération du pouvoir d’engagement des équipes”, Jean-Claude Pénicaud s’est lancé dans le management socio-économique (MSE). Inspiré par le management libéré et après de nombreux échanges avec Pascal Pasquier, président du groupe Pasquier, leader de son marché et engagé dans le management socio-économique depuis plus de 30 ans, le dirigeant luçonnais s’est orienté vers l’ISEOR*, où le professeur, Henri Savall, a développé une approche du management centré sur recyclage des coûts cachés en création de valeur ajoutée. Une méthode qui s’appuie sur le développement du potentiel humain de l’entreprise pour améliorer en parallèle la performance sociale et la performance économique.

Analyser les dysfonctionnements

Après plusieurs mois d’échanges entre le dirigeant et l’ISEOR, les 1ers travaux et évaluations sont lancés en 2017. Le projet s’appuie sur un diagnostic horizontal et vertical mobilisant tous les collaborateurs de l’entreprise sur environ 18 mois en les invitant à s’exprimer sur les dysfonctionnements majeurs de l’entreprise autour de thèmes universels : l’organisation et les conditions de travail, la gestion du temps, le « communication-coordination-concertation », la formation intégrée et la mise en oeuvre de la stratégie.

100% des collaborateurs sont écoutés lors d’entretiens individuels ou de séances de travail collective pour libérer la parole« , explique Jean-Claude. « Cela permet de dire ce qui va mal. Ce n’est pas un exercice facile pour un dirigeant.” D’ailleurs à la fin de la première restitution de l’ISEOR, il s’est dit : “ce métier n’est pas fait pour moi”.

Il s’aperçoit par exemple que ce ne sont pas toujours les moyens mis à disposition qui bloquent ; 55 transpalettes sont disponibles pour 50 collaborateurs concernés au maximum chaque matin sur un périmètre. Pour autant certains matins, il faut presque 30 minutes à certains collaborateurs pour disposer de cet outil de travail indispensable ! Un problème lié en fait à l’organisation humaine, non au manque de matériel, et qui finit par coûter cher: il évalue alors à 39.500€ le coût annuel lié à ces transpalettes introuvables. Une sacrée somme !

Implication des collaborateurs

L’idée est donc de mettre en œuvre les dispositifs collaboratifs pour résoudre ces dysfonctionnements qui entraînent des « coûts cachés »(qui ne se voient pas à la lecture d’un bilan), afin de les recycler en création de valeur pour pouvoir redistribuer une partie de cette valeur créee aux collaborateurs. Tous ont ainsi intérêt à agir. C’est ce que Jean-Claude a baptisé le « happy deal« .

Mireille et Jean-Claude, dirigeants du Centre E.Leclerc de Luçon

Jean-Claude Pénicaud a pour mots d’ordre : exigence et bienveillance. Partant du postulat que “des collaborateurs heureux peuvent faire des clients heureux”, il poursuit son projet en enrichissant la convention collective. “Il y avait un chaînon manquant entre l’agent de maîtrise et l’employé alors on a créé un référent opérationnel. Sorte d’ascenseur social interne qui permet l’augmentation des compétences et de la rémunération.”

Parmi les autres changements, la gouvernance de l’entreprise.

Auparavant très hiérarchique, elle fonctionne désormais avec un comité de direction plus horizontal, intégrant les cadres référents de direction (finances, qualité, marketing, commercial, ressources humaines). En fonction des thèmes, d’autres managers sont intégrés au Codir pour valider les décisions les concernant. On raccourcit ainsi la chaîne de décision à laquelle sont associés les collaborateurs, et dont souvent les idées sont meilleures que celles du dirigeant !” reconnaît modestement Jean-Claude Pénicaud. 

Au final, tout le monde est happy, c’est tout !

* ISEOR : Institut de socio-économie des entreprises et des organisations